Que faire au jardin en septembre : Le plan d’action du mois
Semis, plantations, récoltes et dates limites selon ta région. Tous les gestes de septembre, classés par ordre d’urgence.

Les 5 gestes à poser en priorité ce mois-ci
Tout ne se vaut pas en septembre. Certains gestes se rattrapent en octobre sans dommage, d’autres se paient par une saison blanche entière. Si tu n’as qu’un week-end à consacrer au jardin, commence par ces cinq-là, dans cet ordre.
Que semer au potager en septembre ?
Septembre est un second printemps qui ne dure que trois semaines. La terre est chaude, ce qui accélère la germination, et les nuits fraîchissent, ce qui empêche les salades de monter en graines. En revanche, la photopériode joue contre toi, les jours perdent près de deux minutes chaque matin, donc plus tu sèmes tard, plus la levée sera lente.
Les semis en pleine terre
Ces espèces se sèment directement en place, sans repiquage. Griffe la surface, tasse légèrement, sème clair et arrose au goulot pour ne pas déplacer les graines.
- Mâche, sur sol tassé, en lignes espacées de 15 cm
- Épinard d’hiver, variétés rustiques du type Géant d’hiver ou Monstrueux de Viroflay
- Radis de tous les mois et radis noir d’hiver
- Roquette, cresson alénois, moutardes et mesclun
- Navet d’automne et blette à couper
- Cerfeuil, persil et coriandre, qui démarreront au quart de tour au printemps
- Oignon blanc d’hiver, à récolter en bottes dès avril
Les semis sous abri ou en pépinière
Le châssis, la mini-serre ou même une simple caissette sur le rebord d’une fenêtre changent tout pour les espèces frileuses. Sème les laitues d’hiver du type Merveille d’hiver, les chicorées, les choux cabus de printemps et les fèves si tu vis au sud. Le repiquage se fait au stade de quatre à cinq vraies feuilles, quelques semaines plus tard.
La mâche déteste la terre fraîchement bêchée. Sème sur un sol tassé, en marchant dessus avant si besoin, puis plombe le semis avec le dos du râteau. Un simple arrosage fin en pluie tous les deux jours suffit ensuite jusqu’à la levée.
Que planter en septembre pour manger cet hiver ?
La plantation, c’est mettre en terre des plants déjà formés plutôt que des graines. Elle prend le relais des semis quand la saison raccourcit, parce qu’un plant a plusieurs semaines d’avance sur une graine.
Les poireaux d’hiver et les salades
Repique tes derniers poireaux dans un trou de 15 cm fait au plantoir, sans reboucher. Raccourcis les feuilles d’un tiers et les racines de moitié avant, ce qu’on appelle l’habillage, pour limiter l’évapotranspiration le temps que le plant reprenne. Les chicorées frisées, les scaroles et les laitues pommées se plantent au même moment, en les espaçant de 30 cm.
L’ail, les échalotes et les oignons
Fin septembre marque le tout début de la fenêtre, et uniquement dans les régions froides à sol léger. Ailleurs, patiente jusqu’en octobre ou novembre, car un ail planté trop tôt dans une terre encore chaude et humide risque la pourriture avant l’hiver. Plante les caïeux pointe en haut, à 3 cm de profondeur, tous les 12 cm. Notre fiche pour cultiver l’ail détaille les variétés d’automne et de printemps.
L’ail a besoin d’avoir froid pour former une tête. C’est la vernalisation, un passage obligé à basse température qui déclenche la division du bulbe. Un ail planté au printemps dans le Midi donne souvent un gros poireau au lieu d’une tête à gousses, faute d’avoir eu son hiver.
Le jardin, mois par mois
Retrouve tous nos conseils mois par mois dans notre calendrier du jardinier, pour ne plus jamais rater une fenêtre de semis.
Jusqu’à quelle date semer et planter selon ta région ?
Un semis de mâche le 25 septembre est parfaitement raisonnable près de Bordeaux et complètement perdu dans les Vosges. Ce sont les premières gelées qui commandent, et elles arrivent avec cinq à six semaines d’écart entre le nord-est et le pourtour méditerranéen.
Ces dates sont des repères, pas des couperets. Une arrière-saison douce peut te donner deux semaines de rab, une vague de froid précoce peut t’en prendre autant. Le meilleur indicateur reste la date moyenne de première gelée chez toi.
| Culture | Nord et Est | Ouest océanique | Centre | Midi méditerranéen |
|---|---|---|---|---|
| Mâche (semis) | jusqu’au 10 sept. | jusqu’au 25 sept. | jusqu’au 20 sept. | jusqu’au 10 oct. |
| Épinard d’hiver (semis) | jusqu’au 15 sept. | jusqu’au 30 sept. | jusqu’au 25 sept. | jusqu’au 15 oct. |
| Laitue d’hiver (semis) | jusqu’au 10 sept. | jusqu’au 20 sept. | jusqu’au 15 sept. | jusqu’au 30 sept. |
| Poireau d’hiver (plantation) | jusqu’au 10 sept. | jusqu’au 20 sept. | jusqu’au 15 sept. | jusqu’au 5 oct. |
| Ail d’automne (plantation) | fin sept. à mi-oct. | oct. à mi-nov. | oct. à nov. | nov. à déc. |
| Gazon et engrais vert (semis) | jusqu’au 20 sept. | jusqu’au 10 oct. | jusqu’au 30 sept. | jusqu’au 20 oct. |
Que récolter en septembre et comment le garder
Le potager croule sous les récoltes de fin d’été pendant que les premiers légumes d’automne arrivent. Tomates, aubergines, poivrons, piments, concombres, courgettes, haricots en grains, betteraves, carottes, oignons, maïs doux, premières courges et fenouils bulbeux se ramassent en même temps. Au verger, c’est le tour des pommes, poires, prunes, figues et raisins.
Les courges se récoltent plus tard qu’on ne croit
Laisse-les grossir sur pied jusqu’à ce que le pédoncule soit sec et liégeux, et que l’ongle ne marque plus la peau. Surélève-les sur une tuile ou une planche pour éviter le contact avec la terre humide, sinon une tache de pourriture s’installe par en dessous. Une courge cueillie trop tôt ne se conserve pas.
Le stockage qui tient jusqu’en février
Les pommes se posent sur des clayettes sans se toucher, dans un local frais, sombre et ventilé. Les oignons et l’ail se tressent une fois les fanes complètement sèches. Les carottes, betteraves et navets se conservent en silo, c’est-à-dire dans une caisse où tu alternes des couches de légumes et de sable sec, à la cave. Enfin, tout ce qui ne se garde pas au frais part en bocaux ou en lactofermentation.
Les tomates qui resteront vertes fin septembre ne sont pas perdues. Les plus grosses finissent de mûrir sur un rebord de fenêtre à côté d’une pomme, qui dégage de l’éthylène. Les autres deviennent une confiture de tomates vertes surprenante, avec un zeste de citron et un bâton de cannelle.
Nourrir le sol avant l’hiver, le travail le plus rentable du mois
Chaque planche vide est une occasion. Un sol couvert pendant l’hiver garde sa structure, nourrit sa faune et te fait gagner des heures de désherbage au printemps. Trois options selon le temps dont tu disposes.
- L’engrais vert, semé à la volée puis griffé. La phacélie pousse vite et supporte de petites gelées, la moutarde lève en trois jours, le trèfle incarnat fixe l’azote de l’air, le seigle structure les terres lourdes en profondeur
- Le compost mûr, épandu en couche de 2 à 3 cm sans l’enfouir. Les vers de terre s’en chargent
- Le paillis, feuilles mortes, tontes séchées ou bois raméal fragmenté, sur 8 à 10 cm
C’est aussi le bon moment pour poser ton plan de rotation. Note sur un carnet ce qui a poussé où cette année, tu éviteras de remettre des solanacées au même endroit l’an prochain et tu casseras les cycles de maladies du sol.
Bêcher la terre à l’automne pour « la laisser reposer nue tout l’hiver » est une habitude tenace et coûteuse. Les pluies tassent le sol retourné, lessivent les nitrates et détruisent les galeries des vers. Décompacte à la grelinette si la terre est dure, puis couvre. Et pense à composter tes déchets verts plutôt qu’à les brûler, le brûlage à l’air libre par les particuliers étant interdit depuis la circulaire du 18 novembre 2011.
Bulbes, vivaces et boutures pour un printemps réussi
Le spectacle d’avril se joue maintenant. La plupart des bulbes printaniers ont besoin d’une période de froid pour fleurir, donc les mettre en terre en septembre leur laisse le temps d’émettre leurs racines avant le gel.
Les bulbes à mettre en terre
Narcisses, jacinthes, crocus, muscaris, perce-neige, fritillaires et ail d’ornement se plantent dès maintenant, à une profondeur de deux à trois fois leur hauteur. Les tulipes font exception et préfèrent attendre octobre ou novembre, quand la terre a refroidi, ce qui limite les maladies fongiques. En pot, superpose les gros bulbes au fond et les petits en surface, tu obtiendras une floraison étalée sur plusieurs semaines.
Boutures et divisions, la multiplication gratuite
Septembre offre le meilleur taux de reprise de l’année pour les boutures semi-aoûtées, ces tiges de l’année déjà fermes mais pas encore lignifiées. Prélève 10 à 15 cm sur des rameaux non fleuris de géranium, fuchsia, hortensia, lavande, romarin ou laurier-rose, coupe en biseau sous un nœud et supprime les feuilles du bas. Côté vivaces, divise les touffes dégarnies de pivoine, hémérocalle, hosta ou iris, en gardant des racines et des bourgeons sur chaque éclat.
Pour garder de la couleur jusqu’aux gelées, plante des asters, des sedums, des anémones du Japon, des chrysanthèmes vivaces et des graminées ornementales comme les miscanthus ou les pennisetums, qui apportent du mouvement quand tout le reste s’arrête.
Pelouse, verger et arbustes, les gestes de l’arrière-saison
Au gazon, scarifie pour retirer le feutre et la mousse accumulés depuis le printemps, ressème les zones pelées puis apporte un engrais d’automne riche en potassium, qui renforce les racines plutôt que de pousser le feuillage. Tonds un cran plus haut qu’en été, l’herbe doit aborder l’hiver avec de la réserve.
Au verger, coupe à ras les cannes de framboisiers non remontants qui ont fructifié, elles ne redonneront rien. Badigeonne les troncs de pommiers et poiriers à l’argile ou au blanc arboricole, ce qui asphyxie les formes hivernantes des ravageurs sous l’écorce. Retire les bandes de glu posées au printemps avant qu’elles n’abîment le bois.
Côté arbustes, taille légèrement les haies persistantes et les arbustes à floraison estivale comme les buddleias, en évitant le vieux bois. En revanche, laisse les fleurs fanées des hortensias en place, elles protègent du gel les bourgeons floraux déjà formés juste en dessous. C’est aussi la meilleure saison pour planter les arbustes en conteneur, la terre tiède et humide assurant une reprise racinaire rapide.
Maladies, limaces et gestes qui coûtent une saison
L’humidité qui revient sur des plantes fatiguées, c’est le terrain idéal pour les champignons. Quatre situations reviennent chaque année, et chacune se règle en changeant un geste.
- Le feutrage blanc sur les courgettes et les concombres progresse pendant que tu arroses le feuillage en fin de journée. Arrose au pied, le matin, et retire les feuilles atteintes avant de traiter. Nos dosages pour traiter l’oïdium fonctionnent aussi en préventif
- Les taches brunes du mildiou gagnent un pied de tomate en trois jours humides. Arrache le pied entier, sors-le du jardin et ne le mets pas au compost froid, les spores y survivent très bien jusqu’au printemps
- Les jeunes semis de mâche et de laitue disparaissent en une nuit. Les limaces adorent les levées d’automne sous paillis. Sème une bande témoin non paillée et ramasse le soir à la lampe pendant les dix premiers jours
- Les poireaux se creusent de galeries à cause de la teigne. Un voile anti-insectes posé dès la plantation coûte moins cher qu’un traitement et règle le problème pour de bon
Une dernière chose souvent oubliée. Les jeunes fruitiers et les arbustes plantés ce printemps ont besoin d’arrosages copieux et espacés jusqu’aux vraies pluies, parce qu’une averse de septembre mouille rarement au-delà des trois premiers centimètres. Deux arrosoirs au pied une fois par semaine valent mieux que sept petits passages quotidiens.
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Septembre n’est pas la fin de quelque chose, c’est le mois où tu prépares les six suivants. Chaque planche couverte, chaque fraisier installé, chaque bulbe enterré est une petite avance prise sur le printemps. Et honnêtement, jardiner par 20 degrés avec de la terre humide sous les doigts, c’est autrement plus agréable qu’en pleine canicule. Et toi, quel est le geste de septembre que tu ne rates jamais, celui que tu poses avant tous les autres ?
Questions fréquentes sur le jardin en septembre
Est-il trop tard pour semer des carottes en septembre ?
Oui dans la moitié nord, où la levée serait trop lente pour former une racine avant le froid. En climat doux et sur sol léger, un semis de carotte hâtive début septembre donne encore de petites racines à récolter en janvier. Ailleurs, remplace par du radis d’hiver ou du navet.
Faut-il retourner la terre du potager en septembre ?
Non. Un sol retourné puis laissé nu se tasse et se lessive sous les pluies d’automne, et la vie microbienne met des mois à se reconstituer. Décompacte simplement à la grelinette si la terre est dure, puis couvre avec un engrais vert, du compost ou un paillis de feuilles.
Quels légumes planter au potager en octobre ?
En octobre, plante l’ail blanc et violet, les échalotes grises, les oignons blancs d’hiver, les derniers plants de salades d’hiver et de chicorées, la rhubarbe et les fraisiers si tu n’as pas pu le faire en septembre. Les arbustes et fruitiers en conteneur s’installent aussi très bien.
Faut-il déjà protéger les plantes du froid en septembre ?
Pas encore en plaine, sauf en montagne où les premières gelées blanches arrivent parfois fin septembre. Prépare le matériel dès maintenant, voiles de forçage, châssis et paillis, pour pouvoir couvrir en une heure le jour où la météo annonce une nuit sous 3 °C.

« Nous, c’est Cindy et Loïc, créateurs d’Autonomie Jardin. Jardiniers expérimentés depuis plus de 8 ans, nous cultivons notre potager naturel de 70 m². Sur ce blog, nous te partageons notre expertise de terrain pour réussir tes cultures (sans produits chimiques), cuisiner tes récoltes de saison et entretenir tes plantes d’intérieur. Notre philosophie ? Travailler avec le vivant plutôt que contre lui. 🌸






