Grands arbres du jardin : ce que vous pouvez tailler vous-même, et quand faire appel à un élagueur

En novembre, les feuilles tombent et la charpente des arbres apparaît enfin. C’est le meilleur moment pour les observer : une branche morte, une fourche fendue ou un houppier déséquilibré se voient bien mieux qu’en plein été. Et comme les arbres entrent en repos végétatif, l’hiver ouvre aussi la saison des tailles. Reste à savoir ce qui relève du jardinier et ce qui demande un professionnel équipé. Le guide d’Elagueco explique en détail, période par période, comment bien faire élaguer un arbre ; voici l’essentiel, vu depuis le jardin.
Ce que vous pouvez faire vous-même
Tout ce qui se travaille depuis le sol ou depuis une échelle stable, avec des outils à main, reste à votre portée.
- Les fruitiers à pépins (pommiers, poiriers) se taillent pendant l’hiver, hors période de gel : on aère le centre, on supprime les branches qui se croisent et on raccourcit les pousses trop vigoureuses.
- Les fruitiers à noyau (cerisiers, pruniers, abricotiers) supportent mal les coupes d’hiver, qui favorisent la gommose : mieux vaut les tailler juste après la récolte, à la fin de l’été.
- Le bois mort s’enlève à tout moment : il n’apporte plus rien à l’arbre et peut héberger des champignons.
Côté outils, un sécateur bien affûté, une scie d’élagage à denture japonaise et un échenilloir suffisent pour la plupart des arbres du jardin. Pensez à nettoyer les lames à l’alcool entre deux arbres pour ne pas transporter de maladies.
La coupe elle-même compte autant que la saison. Coupez juste au-dessus du bourrelet à la base de la branche, sans l’entamer et sans laisser de chicot : c’est ce bourrelet qui refermera la plaie. Plus la coupe est petite, mieux l’arbre cicatrise ; au-delà du diamètre d’un poignet, la plaie restera ouverte longtemps et deviendra une porte d’entrée pour les pourritures.
Les signes qu’il faut passer la main
Certaines situations ne se discutent pas, même pour un jardinier expérimenté :
- L’arbre dépasse la hauteur d’une échelle stable. Travailler en hauteur avec une scie ou une tronçonneuse, sans être encordé, fait partie des accidents de jardinage les plus graves.
- Une grosse branche surplombe la maison, la serre, le poulailler ou la clôture. Elle ne tombera jamais là où on l’espère : il faut la descendre morceau par morceau, retenue par une corde.
- Une ligne électrique passe dans les branches. N’intervenez jamais vous-même : contactez le gestionnaire du réseau.
- L’arbre inquiète : il penche de plus en plus, des champignons poussent au pied, une cavité s’ouvre dans le tronc, l’écorce se décolle. Un élagueur saura dire s’il suffit de l’alléger ou s’il devient dangereux.
Reste le cas, fréquent, du voisinage. Quand des rameaux franchissent la limite de propriété, leur coupe incombe à celui qui possède l’arbre : la personne d’à côté peut l’exiger, mais pas sortir sa propre scie. Elle garde en revanche les fruits qui tombent d’eux-mêmes de son côté. Les règles complètes sont rappelées sur la fiche de service-public.gouv.fr consacrée aux plantations.
Ce qu’un bon élagueur ne fera pas
Méfiez-vous de celui qui propose d’emblée de « rabattre » l’arbre en coupant toute sa tête. Cet étêtage provoque une forêt de rejets fragiles, mal attachés, et des pourritures dans les grosses plaies : l’arbre devient plus dangereux qu’avant et coûte plus cher à entretenir. De même, un professionnel ne grimpe pas avec des griffes à crampons dans un arbre que l’on garde : elles blessent le tronc et sont réservées à l’abattage. Il monte sur cordes, coupe peu à la fois, et vous explique ce qu’il enlève.
Récupérer la matière pour le jardin
Un élagage produit beaucoup de bois, et pour un jardin au naturel, c’est une ressource. Demandez dès le devis si les branches seront broyées sur place et si vous pouvez garder le broyat : étalé au pied des arbustes ou dans les chemins du potager, il garde l’humidité et nourrit le sol. Les jeunes rameaux de moins de 7 cm de diamètre donnent du bois raméal fragmenté (BRF), à étaler en fine couche à l’automne. Les tronçons plus gros peuvent devenir du bois de chauffage, après au moins un an et demi de séchage à l’abri. Quant au feu de branchages au fond du terrain, la réglementation l’interdit.
Avant de signer un devis
Quelques vérifications évitent la plupart des mauvaises surprises :
- un devis écrit, avec le détail des arbres et des travaux ;
- l’immatriculation de l’entreprise et la preuve qu’elle est couverte pour les dégâts qu’elle pourrait causer chez vous ;
- l’évacuation des déchets, ou le broyat laissé sur place, clairement indiqué ;
- la date d’intervention.
Dernier conseil : visez la période où les arbres sont nus, de novembre à février. Au printemps, les oiseaux nichent dans les arbres et les haies, et la destruction des nids des espèces protégées est interdite. Un arbre bien taillé maintenant, c’est un arbre plus solide pour les tempêtes de l’hiver et plus généreux au printemps.






