Que planter en novembre ?

On va voir ensemble que planter en novembre, puis comment préparer ton sol et protéger tes nouvelles plantations pour garantir le succès. Novembre n’est pas une fin, c’est une fondation. C’est le moment en or où le sol, encore un peu tiède de l’été, rencontre l’air frais, et où les plantes entrent en repos. Cette combinaison magique crée une fenêtre de plantation idéale, bien moins stressante pour les végétaux et souvent plus efficace que les plantations hâtives du printemps.
Le potager 🥕 : Que planter en novembre ?
Loin d’être endormi, ton potager en novembre est en pleine ébullition ! L’activité se divise entre les durs à cuire qui passeront l’hiver dehors et les cultures sous abri qui te fourniront du frais pendant la saison froide.
En pleine terre
Ici, on parle des végétaux robustes, ceux qui ont besoin du froid pour bien se développer ou qui sont simplement assez balèzes pour l’affronter.
Les alliacées
Novembre est le mois pour planter les alliacées. En effet, ces bulbes ont besoin d’une période de froid pour bien se former et garantir une super récolte l’été suivant.
- Ail : Tu peux planter l’ail blanc ou l’ail violet.
- Oignon : Choisis des variétés d’automne, comme le ‘Rosanna’ de couleur rose, surtout si tu es dans une région à climat doux.
- Échalote : C’est le moment parfait pour l’échalote grise, réputée pour sa saveur.
- Technique de plantation : Le drainage est l’impératif numéro un. Ces bulbes détestent avoir les pieds dans l’eau, ça les fait pourrir. Si ta terre est lourde ou argileuse, plante-les absolument sur de petites buttes de 10 cm de haut. On enfonce les caïeux (gousses) ou bulbilles à 3 cm de profondeur, pointe vers le haut. Pense aussi à la rotation des cultures : jamais d’allium au même endroit avant 3 ou 4 ans.
Les légumineuses
En plantant ces légumineuses maintenant, tu prends une avance considérable et tu auras les toutes premières récoltes du printemps.
- Pois : Il faut impérativement choisir des variétés de pois à grain rond (‘Très Hâtif d’Annonay’, ‘Petit Provençal’). Eux seuls sont assez rustiques pour résister au froid, contrairement aux pois à grain ridé (plus sucrés, mais gélifs). Tu peux les semer de mi-octobre à mi-novembre.
- Fèves : Le semis est possible, mais plutôt réservé aux régions à hivers cléments, où ça ne descend pas durablement sous les -5°C.
- Technique de culture : Quand les plants atteindront 10 cm, il faudra les « butter » (ramener la terre au pied) pour les aider à tenir face au vent.
Les « verts » d’hiver : salades, mâche et épinards
- Salades : Il est encore temps de repiquer les jeunes plants de laitues d’hiver semées en octobre. Des variétés comme la ‘Brune d’Hiver’ ou ‘l’Hiver de Verrières’ sont faites pour ça.
- Mâche : C’est la reine de l’hiver. Tu peux la semer en pleine terre et elle s’associe très bien entre les rangs de poireaux ou de choux déjà en place.
- Épinards : Très résistants au froid, tu peux encore les semer. Une petite astuce pour accélérer la germination dans un sol qui refroidit : pré-trempe les graines dans l’eau tiède pendant 12 à 24 heures avant de semer.
- Choux Pommés : Pour les jardiniers qui aiment planifier, certaines variétés de choux très tardives (‘Tête de Pierre HF1’) peuvent être semées maintenant pour une récolte printanière hâtive, qui arrivera avant même tes semis de printemps.
Sous abri (serre froide, tunnel)
Oublie l’idée que ta serre froide ou ton tunnel est un simple lieu de stockage en novembre. Au contraire, c’est un micro-climat précieux, une zone de production intensive qui te permet de récolter des légumes-feuilles frais tout l’hiver, décuplant ainsi la productivité de ton potager.
On mise tout sur les légumes à croissance rapide et résistants au froid :
- Salades : C’est l’endroit idéal pour semer en continu de la mâche, de la roquette, et des laitues à couper.
- Légumes-racines : Tu peux y tenter des semis de radis d’hiver.
- Herbes aromatiques : Pour éviter d’acheter des herbes en barquette, repique ou sème du persil, de la ciboulette et de l’aneth pour une récolte continue.
Un soin particulier doit être apporté au semis de la mâche sous abri pour garantir le succès :
- Le sol doit être ferme ; inutile de le bêcher.
- Sème en sillons très peu profonds (5 mm), espacés de 20 cm.
- L’étape cruciale : « Plomber » le semis. C’est-à-dire tasser fermement la terre après avoir recouvert les graines (avec le dos du râteau ou une planchette).
- L’humidité doit être constante. Utiliser un voile de forçage directement sur le semis est une super astuce pour maintenir cette humidité.
Tableau récapitulatif : Que planter en novembre ?
Végétal 1159_45f8b4-03> | Action (semis/plantation) 1159_3d179a-2a> | Lieu (pleine terre/abri) 1159_c5121f-3d> | Variétés suggérées 1159_e3a9be-62> | Conseil clé 1159_545c83-9a> |
|---|---|---|---|---|
Ail 1159_2bc9d0-8c> | Plantation (bulbilles) 1159_0cf862-8a> | Pleine Terre 1159_f47a3a-1a> | Ail blanc, Ail violet 1159_df9757-9f> | Planter sur butte en terre lourde 1159_fdd78d-b2> |
Oignon 1159_932f95-61> | Plantation (bulbilles) 1159_570edf-93> | Pleine Terre 1159_223871-8e> | Rosanna 1159_ea261f-19> | Préférer les climats doux 1159_993611-04> |
Échalote 1159_4fb5ad-fd> | Plantation (bulbilles) 1159_b2ae9f-d7> | Pleine Terre 1159_370cbf-09> | Échalote grise 1159_b7eb24-e6> | Sol très drainé impératif 1159_91cdf8-a6> |
Pois 1159_0ccd1d-06> | Semis 1159_4d555a-69> | Pleine Terre 1159_ce71a5-43> | Grain rond : ‘Très Hâtif d’Annonay’, ‘Petit Provençal’ 1159_339f37-77> | Choisir uniquement des grains ronds, plus rustiques 1159_b3f799-a7> |
Fèves 1159_938091-b5> | Semis 1159_84f1db-24> | Pleine Terre 1159_17aa2e-bb> | – 1159_42e34b-00> | Uniquement en climat clément (gel < -5°C) 1159_4cb7c3-e6> |
Laitue 1159_e19476-70> | Repiquage / Semis 1159_97e09a-c1> | Pleine Terre / Abri 1159_7f2566-dc> | ‘Brune d’Hiver’, ‘Merveille d’Hiver’ 1159_4b7a5f-ff> | Repiquer les plants semés en octobre 1159_ac40ca-98> |
Mâche 1159_95eb57-35> | Semis 1159_f7b942-cd> | Pleine Terre / Abri 1159_0ad7d1-1b> | ‘Verte de Cambrai’, ‘À Grosse Graine’ 1159_76b67a-81> | Tasser (plomber) le sol après semis 1159_9d0c6e-5a> |
Épinard 1159_9cb401-cc> | Semis 1159_5b3c35-9f> | Pleine Terre / Abri 1159_807474-50> | – 1159_199d73-48> | Pré-tremper les graines 24h pour accélérer la levée 1159_5a7c9a-1c> |
Radis 1159_425001-b7> | Semis 1159_e4e944-18> | Abri 1159_dc89b1-82> | – 1159_deab9f-d4> | Culture rapide d’hiver sous serre 1159_5acd2a-73> |
Herbes (Persil, etc.) 1159_2aeda3-c4> | Plantation / Semis 1159_5a1c9b-10> | Abri 1159_0f56ab-2f> | Persil, Ciboulette, Aneth 1159_1912e6-11> | Pour une récolte continue en hiver 1159_bbb5a4-17> |
Le jardin d’ornement 🌷
Si ton potager est en mode production, ton jardin d’ornement, lui, est en mode « investissement pour le futur ». C’est maintenant que tu prépares le spectacle du printemps.
Les bulbes à floraison printanière
C’est la dernière ligne droite ! Tu as jusqu’en novembre, et même début décembre tant que le sol n’est pas gelé en profondeur, pour planter tes bulbes de printemps.
- Les incontournables : C’est le moment de mettre en terre les Tulipes, Narcisses, Crocus, Jacinthes, Perce-neige et Muscaris.
- La technique de plantation :
- Profondeur : La règle d’or est simple : tu plantes le bulbe à une profondeur équivalente à 2 ou 3 fois sa propre hauteur.
- Sol : Le drainage est vital. En terre lourde, ajoute du sable ou du gravier au fond du trou pour éviter le pourrissement.
- Position : La pointe toujours vers le haut.
- Fertilisation : Ne mets jamais d’engrais ou de fumier frais en contact direct avec le bulbe, tu risquerais de le brûler.
La plantation en « lasagne » 🪴
Parfaite pour les pots et jardinières, cette méthode maximise la floraison sur peu d’espace. Tu superposes les couches de bulbes selon leur date de floraison :
- Une couche de drainage (billes d’argile).
- Une couche de terreau.
- Une couche des bulbes les plus gros et tardifs (ex: Tulipes).
- Recouvre de terreau.
- Une couche de bulbes intermédiaires (ex: Narcisses).
- Recouvre de terreau.
- Une couche des bulbes les plus petits et précoces (Crocus, Muscaris) en surface.Cela t’assure une floraison non-stop de la fin de l’hiver à la fin du printemps.
La naturalisation 🌾
Pour cet effet « prairie sauvage » qui fait tant rêver, choisis des bulbes capables de se « naturaliser », c’est-à-dire de revenir chaque année en se multipliant tout seuls.
- Les meilleurs candidats : Les Tulipes botaniques (plus robustes que les hybrides), les Muscaris (très prolifiques), les Narcisses botaniques et les Crocus.
- Méthode : Pour un effet naturel, jette les bulbes à la volée sur la pelouse ou au pied d’un arbre, et plante-les exactement là où ils sont tombés.
Planter arbres, arbustes et haies 🌳
On arrive au vrai secret de novembre. C’est, sans discussion possible, le meilleur mois de l’année pour planter des arbres. C’est le moment du « grand œuvre », celui qui structure ton jardin pour les générations futures.
La science derrière le dicton de la sainte-catherine
Le fameux dicton « À la Sainte-Catherine (25 novembre), tout bois prend racine », ce n’est pas juste du folklore de grand-mère, c’est de la pure science biologique ! Voici pourquoi :
Fin novembre, la plupart des arbres et arbustes qui perdent leurs feuilles (caduques) entrent en dormance, ou repos végétatif. La sève ne circule presque plus, la production de chlorophylle est stoppée.
L’implication est énorme : transplanter un arbre à ce moment est idéal. La plante, n’ayant plus de feuillage à nourrir en eau, ne subit quasiment aucun stress. Elle peut alors utiliser le peu d’énergie qui lui reste, et tout l’hiver, pour développer ses racines dans un sol encore réchauffé. Cet enracinement hivernal lui assure une bien meilleure reprise et une croissance plus vigoureuse au printemps, comparé à un arbre planté au printemps qui doit gérer en même temps ses racines et la sortie de ses feuilles.
Que planter ?
C’est la période reine pour planter tous les arbres et arbustes vendus « à racines nues », mais aussi en motte ou en conteneur :
- Arbres fruitiers : Pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers…
- Arbustes à petits fruits : Framboisiers, groseilliers, cassissiers.
- Arbustes de haie : Charme, hêtre, aubépine, et tous les sujets caducs.
- Rosiers : C’est la meilleure saison pour planter les rosiers, surtout à racines nues.
- Arbustes d’ornement : Forsythia, Seringat, Weigelia, etc..
Le guide technique (surtout pour les racines nues)
Acheter des arbres à racines nues est plus économique et assure une super reprise, à condition de suivre la procédure à la lettre. La période va de fin novembre (Sainte-Catherine) à mi-mars, tant qu’il ne gèle pas.
Étape 1 : Préparation de l’arbre (L’habillage)
Les racines nues ne doivent jamais sécher à l’air libre. Si tu ne plantes pas tout de suite, mets l’arbre « en jauge » (couché dans une tranchée, racines recouvertes de terre ou de sable).
Juste avant de planter, tu « habilles » les racines : avec un sécateur propre, tu rafraîchis les pointes (coupe 1-2 cm) et tu coupes net ce qui est abîmé.
Étape 2 : Le pralinage (Le bain nutritif)
Étape fondamentale. Tu « pralines » les racines, c’est-à-dire que tu les trempes dans une boue appelée pralin (acheté en poudre ou fait maison avec argile, eau et compost).
- Objectif : Cette boue protège les racines du dessèchement, assure un contact parfait avec la terre et stimule la formation de nouvelles petites racines.
Étape 3 : La plantation
- Le Trou : Creuse-le à l’avance si possible. Il doit être large et profond, au moins 2 à 3 fois le volume des racines.
- Tuteurage : Erreur classique : mettre le tuteur après. Non ! Le tuteur se met en place avant l’arbre, pour ne pas abîmer les racines en l’enfonçant. Place-le face aux vents dominants.
- La Butte : Au fond du trou, forme une petite butte avec la terre la plus meuble (mélangée à du compost mûr).
- Positionner l’arbre : Étale délicatement les racines sur cette butte.
- Le point crucial : Le point de greffe 📍 : C’est le « bourrelet » visible à la base du tronc. Il ne doit jamais être enterré. Il doit se situer à environ 10 cm au-dessus du niveau final du sol. Si tu l’enterres, tu risques de faire dégénérer ton arbre.
Étape 4 : Le rebouchage
- Rebouche le trou avec la terre végétale (la bonne terre de surface, mélangée à du terreau et du compost).
- Forme une cuvette au pied de l’arbre. Ce petit « barrage » de terre concentrera l’eau d’arrosage sur les racines.
- Finalement, arrose très abondamment (même s’il pleut !) pour tasser la terre et chasser les poches d’air.
Préparer et nourrir ton sol 🧤
Maintenant que tu sais quoi planter, parlons rapidement du où. Avant de planter quoi que ce soit, ton premier geste doit être pour le sol. L’action la plus cruciale de ce mois n’est pas de fertiliser (nourrir la plante), mais d’amender (nourrir le sol). Le timing est stratégique.
Le compost et le fumier ne sont pas des « engrais » instantanés. Ils sont pleins de matière organique que les plantes ne peuvent pas manger direct. Pour que leurs richesses (azote, phosphore…) soient disponibles, la vie du sol (bactéries, micro-organismes) doit les décomposer. Ce processus s’appelle la minéralisation et il prend des mois.
En mettant tes amendements au printemps, ils ne sont pas « prêts » à temps. Par contre, un apport en novembre donne à la vie du sol tout l’hiver pour « pré-digérer » tout ça. Au printemps, tes plantes trouveront un garde-manger 5 étoiles, parfaitement assimilable.
Comment amender efficacement
- Analyse rapide : Prends une poignée de terre humide. Si elle colle, elle est argileuse. Si elle se délite, elle est sableuse. Si elle forme une boule friable, elle est équilibrée. Ça te dit si tu as besoin de matière organique pour améliorer la structure.
- L’Apport de compost : L’objectif est d’améliorer la structure, la rétention d’eau et de nourrir la microfaune.
- Quantité : 2 à 5 kilos par mètre carré suffisent largement pour une année.
- Méthode : L’erreur classique ? Enfouir le compost trop profond. Tu le prives d’oxygène et tu anéantis sa richesse. Contente-toi de l’épandre en surface ou de l’incorporer très légèrement (sur 10-15 cm) avec un croc ou une grelinette. On évite tout labour profond.
- Alternatives : Du fumier bien décomposé ou une couche de feuilles mortes « tendres » (bouleau, charme, fruitiers) font aussi très bien l’affaire.
Couvrir pour enrichir (engrais verts)
Si des parcelles sont nues, novembre est la dernière limite pour les couvrir. Un sol nu en hiver s’érode et se lessive à cause de la pluie.
- Variétés : Sème des engrais verts d’hiver comme la vesce commune (possible jusqu’au 15 novembre) ou la féverole.
- Rôle : Ils protègent le sol et, pour les légumineuses, captent l’azote de l’air pour le redonner au sol au printemps.
Protéger tes nouvelles plantations
Tes nouvelles plantations (arbres à racines nues, vivaces…) sont vulnérables. Leurs racines, à peine installées, sont sensibles aux chocs thermiques et au gel qui peut pénétrer un sol nu.
Le paillage, le « manteau » des racines
En novembre, le paillage, ce n’est pas pour faire joli : c’est le manteau de tes racines.
- Rôle : Il isole les racines du gel, maintient une température stable, et protège le collet de la plante de l’humidité qui pourrait le faire pourrir.
- Quels matériaux ? Les meilleurs isolants sont aérés : paille, feuilles mortes (parfait!), BRF (Bois Raméal Fragmenté), ou écorces de pin.
- Quelle épaisseur ? C’est le secret. Une fine couche ne sert à rien. Il faut une couche épaisse, d’au moins 10 à 20 centimètres, pour créer un vrai matelas isolant.
- Où ? Au pied de toutes tes nouvelles plantations : arbres, arbustes, rosiers, mais aussi sur les vivaces et au potager (sur tes semis de pois, par exemple).
Le voile d’hivernage, l' »écharpe » aérienne
Si le paillage est le manteau, le voile d’hivernage est l’écharpe. Il protège les parties aériennes (tiges, bourgeons).
- Rôle : Il protège du gel direct, mais surtout du vent froid et desséchant, qui peut littéralement « griller » le feuillage des plantes persistantes.
- Où ? Sur les jeunes arbustes à feuillage persistant que tu viens de planter et sur les plantes en pot les plus fragiles (oliviers, lauriers-roses), car leurs racines sont beaucoup plus exposées.
- Le « Combo Gagnant » : Pour les plus fragiles, c’est paillage très épais au pied + emballage des parties aériennes avec un voile.
Conclusion
Tu vois, novembre n’est pas la fin de la saison de jardinage, c’est son véritable commencement. C’est un mois d’activité silencieuse mais décisive.
En amendant ton sol, tu prépares le garde-manger du printemps. En plantant tes bulbes, tu enterres des bombes de couleur. Et en mettant tes arbres en dormance en terre, tu leur donnes le meilleur départ possible. Enfin, en paillant généreusement, tu assures ton investissement contre l’hiver.
Le jardinier de novembre ne travaille pas pour l’immédiat. Tu conçois, tel un architecte, l’abondance et la structure de l’année à venir.






