Quand planter la rhubarbe : La méthode 100% réussite

L’essentiel à retenir avant de planter la rhubarbe

Si tu te demandes quand planter la rhubarbe pour obtenir d’énormes tiges bien charnues et réaliser de délicieuses tartes ou confitures, tu es exactement au bon endroit.
La rhubarbe (Rheum rhabarbarum pour les puristes en botanique) est une plante fascinante, vigoureuse et incroyablement généreuse. Cultivée depuis des millénaires en Asie pour ses vertus médicinales (c’était un remède très cher à l’époque !), elle n’est arrivée dans nos potagers pour être consommée en tant qu’aliment qu’aux alentours du XVIIe siècle. Aujourd’hui, on ne pourrait plus s’en passer.
En effet, c’est l’une des plantes les plus pérennes que tu puisses installer au jardin : un pied bien entretenu peut vivre et produire pendant 10, 20, voire 60 ans. Mais pour que ta plante s’épanouisse sur la durée, il faut respecter quelques règles d’or, à commencer par le bon moment pour la mettre en terre.
Installe-toi confortablement, prépare ton carnet de notes (ou ta brouette), et plongeons ensemble dans les secrets de la culture de la rhubarbe.
Quelle terre pour accueillir ta rhubarbe ?
Pour commencer sur de bonnes bases, la réussite de ta culture va dépendre à 80 % de la préparation de ton sol. La rhubarbe est une plante très gourmande. Elle adore les sols profonds, perméables, frais et gorgés d’humus.
Cependant, on n’a pas tous la chance d’avoir la terre parfaite. Voici comment adapter ton terrain :
- Si tu as une terre argileuse (lourde et collante) : L’argile retient trop l’eau en hiver, ce qui peut faire pourrir les précieuses racines de ta rhubarbe (le rhizome). De plus, c’est une terre compacte. Pour l’améliorer, apporte de la matière organique (un fumier généreux) ou du compost bien mûr. Une excellente astuce consiste également à surélever légèrement ta zone de plantation en formant une petite butte d’une vingtaine de centimètres pour faciliter le drainage.
- Si tu as une terre sableuse (légère et filtrante) : Le sable draine l’eau trop vite et ne retient pas les nutriments. Ta rhubarbe risque d’avoir tout le temps soif! Ainsi, il est impératif de faire des apports massifs de compost mûr ou de fumier pour créer un « complexe argilo-humique » qui retiendra l’humidité. N’oublie pas non plus de mettre un paillage épais au pied de la plante.
💡 À retenir : La rhubarbe déteste avoir les « pieds dans l’eau » stagnante l’hiver, mais elle a très soif en été. Un sol bien drainé mais riche en matière organique est la clé absolue du succès.
Soleil ou ombre : Où installer ta rhubarbe ?
L’emplacement est un autre critère fondamental. La rhubarbe développe un feuillage spectaculaire (certaines feuilles font la taille d’un parapluie!). Par conséquent, son exposition idéale va vraiment dépendre de ta région.
Dans la grande majorité des cas, et particulièrement dans la moitié nord, la rhubarbe a besoin d’au moins six heures de soleil par jour pour bien se développer et avoir des tiges riches en saveur.
En revanche, si tu habites dans le Sud de la France (ou dans une région aux étés très chauds et secs), l’histoire est différente. Un soleil brûlant en plein mois de juillet risque de littéralement griller son feuillage et d’épuiser la plante. Dans ce cas, privilégie impérativement une ombre douce ou la mi-ombre (par exemple sous la canopée légère d’un arbre fruitier).
Alors, quand planter la rhubarbe ? Les meilleures périodes
Nous voici au cœur du sujet. Quand planter la rhubarbe pour mettre toutes les chances de ton côté ? En jardinage, on distingue principalement deux grandes fenêtres de tir.
L’automne : La saison reine (octobre à novembre)
C’est incontestablement le meilleur moment pour planter de la rhubarbe, surtout si tu utilises des éclats de souche (on en reparle juste après). Entre la mi-octobre et la fin novembre, la terre est encore réchauffée par l’été, et les pluies d’automne reviennent en force.
En la plantant à cette période, ta rhubarbe va tranquillement développer son système racinaire pendant tout l’hiver. Dès l’arrivée des beaux jours au printemps, elle sera déjà bien installée, vigoureuse, et prête à affronter les premières chaleurs avec un système racinaire profond.
Le printemps : L’alternative (mars à avril)
Si tu as raté le coche de l’automne, pas de panique ! Tu peux tout à fait planter ta rhubarbe au début du printemps (mars ou avril), une fois que les grosses gelées destructrices sont passées.
Néanmoins, garde à l’esprit qu’un plant installé au printemps n’aura pas eu le temps de s’enraciner profondément avant l’été. Il faudra donc être extrêmement vigilant sur l’arrosage durant ses premiers mois de vie pour éviter qu’il ne se dessèche.
Le savais-tu ? La rhubarbe est l’une des plantes les plus rustiques de notre potager. Elle résiste sans broncher à des températures descendant jusqu’à -20 °C ! En hiver, ses feuilles disparaissent totalement de la surface pour protéger la souche endormie. C’est tout à fait normal.
Jardiner avec la lune : Quand planter la rhubarbe selon le calendrier lunaire ?
Si tu es un adepte de la permaculture ou du jardinage biodynamique, tu sais que l’influence cosmique peut donner un petit coup de pouce supplémentaire à tes cultures.
La rhubarbe est une plante que l’on cultive pour ses tiges (ses « pétioles »), mais sa force vitale réside dans sa racine (le rhizome). Ainsi, pour tout ce qui est plantation, bouturage, ou division, il faut privilégier la Lune descendante. Durant cette phase, la sève de la plante est attirée vers le système racinaire, ce qui garantit un ancrage solide dans ton sol.
Retrouve toutes les dates favorables pour tes plantations dans notre calendrier lunaire 2026.
Voici un petit tableau récapitulatif des bonnes périodes pour intervenir (basé sur le calendrier lunaire) :
Type d’intervention au jardin | Phase de la Lune recommandée | Explication pour ta rhubarbe |
|---|---|---|
Planter ou diviser | Lune descendante | La sève se concentre dans les racines, idéal pour un bon ancrage. |
Récolter les tiges | Lune descendante + Jours « Feuilles » | Les tiges sont plus charnues, gorgées d’eau et se conservent bien mieux après récolte. |
Faire un semis | Lune montante | La montée de sève stimule la vigueur germinative de la graine. |
Semis ou division de souche
Maintenant que tu sais quand planter la rhubarbe, il faut choisir comment tu vas obtenir ta plante. Il existe deux méthodes principales, mais l’une d’elles est largement supérieure à l’autre.
Le semis : Pour les plus patients
Planter de la rhubarbe à partir de graines est possible, mais je préfère te prévenir : c’est un travail de très longue haleine. En effet, la plante met un temps fou à créer son imposante racine charnue. Si tu choisis le semis, tu devras attendre entre deux et trois ans avant de pouvoir espérer faire ta toute première récolte de tiges comestibles ! De plus, les graines ne reproduisent pas toujours fidèlement la plante mère.
La division de souche : La méthode gagnante
C’est la méthode que tous les professionnels et les jardiniers passionnés utilisent. Diviser la rhubarbe consiste à prélever un morceau de racine (un éclat) sur un vieux pied existant.
C’est magique : le plant issu de cette division est déjà « adulte » génétiquement parlant. Résultat ? Tu pourras commencer à récolter tes précieuses tiges dès la fin du printemps suivant ! Un gain de temps faramineux. De plus, diviser un très vieux pied (tous les 4 ou 5 ans) lui redonne un gros coup de jeune et relance sa productivité.
Pour bien diviser :
- Dégage la terre autour d’un vieux pied à l’automne.
- Coupe un bon gros morceau de racine à l’aide d’une bêche bien tranchante.
- Assure-toi que ton éclat possède au moins un gros bourgeon (un « œil ») sain.
- Replante-le immédiatement dans son nouveau trou, rempli de compost.
Quelle variété de rhubarbe choisir pour ton potager ?
Il existe une multitude de variétés, et le choix dépend vraiment de tes goûts en matière d’acidité et de ce que tu comptes cuisiner. Plus une tige est verte, plus elle est acide. Plus elle est rouge, plus elle est douce.
- La Victoria : C’est le grand classique indémodable ! C’est une variété à tige verte avec une base rouge. Elle est très productive, d’une rusticité à toute épreuve, et parfaite pour les confitures traditionnelles bien acidulées.
- La Framboise (ou Frambozen Rood) : Une variété aux tiges très rouges, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de la chair. Elle est connue pour sa grande finesse, son arôme fruité exquis et sa douceur.
- La Livingstone : Une révolution ! Contrairement aux autres qui font une « pause » en plein été à cause de la chaleur, la Livingstone continue de produire des tiges tard dans la saison. Elle est rouge, très douce et sucrée.
- La Red Champagne : Si tu cherches la douceur avant tout, fonce. Ses tiges rouge profond sont très parfumées et idéales pour la grande gastronomie.
Comment planter la rhubarbe étape par étape ?
Allez, on passe à l’action. Voici les étapes cruciales pour mettre en terre ta rhubarbe dans les règles de l’art :
- Réhydrate ton plant : Si tu as acheté un plant en godet ou si tu as un éclat de souche, commence toujours par faire tremper la motte dans un seau d’eau tiède pendant une heure. Ça va chasser l’air et réveiller les racines.
- Laisse-lui de l’espace : Une rhubarbe adulte, c’est grand ! Prévois un espace de 90 cm à 1 mètre minimum en tous sens entre chaque pied. Un mètre carré par plante est la norme.
- Creuse large et profond : Fais un trou de 30 à 40 cm de profondeur et incorpore une grosse pelletée de compost bien mûr ou de fumier.
- Attention à la profondeur (l’erreur fatale) : Ne noie pas la plante sous la terre! La « couronne » (la partie d’où sortent les bourgeons roses) doit affleurer juste au niveau de la surface du sol, ou même être très légèrement au-dessus si ta terre est lourde. Si tu l’enterres trop, le collet va pourrir.
- Tasse et arrose : Tasse fermement la terre autour avec tes mains, puis arrose généreusement (même s’il pleut) pour chasser les dernières bulles d’air et coller la terre aux racines.
Pour une famille moyenne de quatre personnes, deux plants de rhubarbe en pleine forme suffisent largement pour subvenir à tes envies de tartes estivales.
Le compagnonnage : Quelles plantes associer à la rhubarbe ?
Dans un potager bio, toutes les plantes communiquent entre elles. Certaines s’entraident, d’autres se détestent. C’est ce qu’on appelle le compagnonnage.
Les bons voisins de la rhubarbe :
La rhubarbe s’entend à merveille avec les fraisiers (qui ont les mêmes besoins en sol), mais aussi avec les légumineuses comme les fèves et les pois qui apportent de l’azote au sol. L’ail et la ciboulette plantés à côté agiront comme d’excellents boucliers répulsifs contre de nombreux insectes nuisibles. Tu peux aussi profiter de la grande ombre projetée par les feuilles de la rhubarbe pour planter des salades (laitues), des épinards ou des radis à son pied, cela les protègera de la canicule estivale !
Les ennemis à éloigner à tout prix :
D’un autre côté, il faut absolument éviter de planter la rhubarbe près de la famille des Solanacées (les pommes de terre et les tomates). Pourquoi ? Parce qu’elles partagent la même sensibilité aux maladies fongiques et risqueraient de se contaminer mutuellement par les racines. Éloigne aussi les choux (Brassicacées), car ils attirent les altises, de petits insectes qui pourraient endommager les jeunes pousses de ta rhubarbe au passage.
L’entretien de ta rhubarbe : Arrosage et fertilisation
Ta plante est en terre. Comment la chouchouter maintenant ? La rhubarbe est rustique, mais elle demande un peu d’attention pour maximiser ses rendements.
L’arrosage :
La rhubarbe, c’est 90 % d’eau ! Lors de sa forte période de croissance au printemps (mai-juin), elle a tout le temps soif. Arrose-la copieusement à la base (surtout pas sur les feuilles pour éviter les maladies comme la rouille ou le mildiou) une à deux fois par semaine s’il ne pleut pas. N’oublie pas d’installer un gros paillage organique (comme des tontes de gazon séchées ou de la paille) autour du pied pour conserver cette humidité salvatrice.
La nutrition :
Au tout début du printemps (février-mars), quand les bourgeons commencent à gonfler, offre-lui un bon petit-déjeuner : étale une généreuse couche de 5 cm de compost mûr ou de fumier à la surface, entre les jeunes pousses. En revanche, ne fertilise jamais ta rhubarbe en plein été ! Cela l’obligerait à faire pousser de nouvelles feuilles au lieu de stocker son énergie dans ses racines pour affronter l’hiver.
Gérer la floraison :
En été, la rhubarbe a souvent tendance à produire de gigantesques et spectaculaires hampes florales blanches. Sauf si tu veux récupérer des graines (ce qui épuise la plante), coupe ces fleurs à la base dès leur apparition. La plante doit concentrer toute son énergie vitale dans les tiges que tu vas manger, pas dans la reproduction.
Quand et comment récolter la rhubarbe sans l’épuiser ?
La récolte, c’est la récompense ! Mais attention à ne pas commettre l’irréparable.
D’abord, la patience. Ne récolte absolument rien la toute première année de plantation (ni la deuxième si c’est un semis). Laisse la plante accumuler des réserves glucidiques dans son rhizome.
La pleine saison de récolte s’étend du cœur du printemps (mai à juin) jusqu’à la fin de l’été selon les variétés.
Le geste technique est très précis :
Ne coupe jamais les tiges avec un couteau ou un sécateur ! Le « moignon » qui resterait attaché à la souche va pourrir, attirer des bactéries, et propager la maladie de la « pourriture du collet » à toute la plante.
La bonne technique ? Saisis la tige fermement par la base, tire doucement vers le haut tout en exerçant un mouvement de légère torsion (comme si tu dévissais quelque chose). La tige va casser net à son point de fragilité naturel.
Enfin, la règle d’or de la survie de la plante : ne prélève jamais plus de la moitié (ou des deux tiers maximum) des tiges en une seule fois ! La rhubarbe a impérativement besoin de conserver une partie de ses grandes feuilles (« ses panneaux solaires ») pour continuer à faire de la photosynthèse et reconstituer ses forces.
Les feuilles de rhubarbe : Attention danger, mais super atout au jardin
Il est de mon devoir de te mettre en garde. Si les tiges (pétioles) cuites sont un délice inoffensif, les feuilles vertes de la rhubarbe sont hautement toxiques. Elles contiennent des quantités vertigineuses d’acide oxalique.
L’ingestion de ces feuilles, par un enfant ou un animal domestique, peut provoquer de graves lésions rénales, des crampes d’estomac aiguës, et une intoxication qui nécessite une prise en charge médicale d’urgence (sans faire vomir !). Garde toujours un œil sur les plus petits au potager. Même dans les tiges, l’acide oxalique est présent, c’est pourquoi on déconseille une trop forte consommation aux personnes souffrant de problèmes rénaux.
Mais ne jette pas ces gigantesques feuilles à la poubelle pour autant ! En jardinage bio, c’est une mine d’or :
- Comme biopesticide (le purin de rhubarbe) : Hache grossièrement 1 à 1,5 kg de feuilles, fais-les macérer dans 10 litres d’eau de pluie pendant 72h. Filtre le tout. Ce liquide est un insecticide naturel d’une puissance redoutable contre les pucerons, la teigne du poireau et les altises.
- Comme paillage XXL : Étale ces immenses limbes inversés directement sur la terre nue autour d’autres cultures. Ils étouffent 100 % des mauvaises herbes par manque de lumière et gardent le sol super frais en pleine canicule.
Prêt(e) à cultiver de la rhubarbe ?
Te voilà désormais armé de toutes les connaissances nécessaires pour réussir ton implantation. De l’analyse de ton sol à la maîtrise du calendrier lunaire, en passant par l’art du bouturage par division de souche, la rhubarbe n’a plus aucun secret pour toi.
Prends le temps de bien préparer son petit « nid » de compost cet automne, respecte son rythme biologique les premières années, et elle te le rendra au centuple avec des décennies de récoltes spectaculaires.
Et toi, quelle est ta variété préférée ou ta meilleure recette gourmande avec la rhubarbe ? Dis-le-moi dans les commentaires, j’ai hâte de te lire et d’échanger avec toi !
Foire aux questions sur la rhubarbe
Pour terminer ce grand guide, voici les questions que l’on me pose le plus souvent sur cette merveilleuse plante.

Nous, c’est Cindy et Loïc, passionnés de jardin depuis notre première récolte maison ! Ici on te partage tout pour faire pousser des bons légumes qui régalent, cuisiner de saison et dorloter ses plantes d’intérieur. Notre philosophie ? Travailler avec le vivant plutôt que contre lui. 🌸






